Le train manqué

Le train manqué

 

Le train manqué

Bir El Karma*
Depuis les Hafsides,voir même avant ,selon les historiens,le transit entre la capitale Tunis et le sud du pays était continuellement vif. Le plus âgé de mes oncles me racontait que son premier voyage de Ghomrassen vers la capitale là ou il a atteint la boutique de son grand père prés de la mosquée de la Zitouna, à l’entrée de la rue Torbet El Bey,en compagnie de sa grand- mère, était sur une calèche.Quatre chevaux devaient faire le relais à l’entrée de chaque ville.En pleine course ,ce voyage dura,disait-il,deux jours et une nuit entière. Selon les coutumes ,la veille d’un voyage d’un membre de la grande famille ,toute cette famille se rassemblait dans la vaste cour- Le Houch- pour organiser le départ du voyageur. En amère pensée et en considération de mauvaises imprévisions -qui sait reviendra-t-il ou non,régnait alors une atmosphère de tristesse compréhensible toutefois . Lui souhaitant succès et réussite ,le voyageur est comblé d’amour mais aussi de cadeaux, de la Souika*, du Kadid* et autres provisions pour subvenir à sa faim durant son voyage et les premiers jours de son séjour encore précaire . Certains lui confiaient de l’argent pour quelques achats à ramener à son retour…à son retour vers son village, une à deux fois par ans au plus, la grande famille se rassemblait aussi dans la cour. Le revenu est alors accueilli dans un beau coin préparé couvert d’une peau neuve de moutons ou d’une Hassira nouvellement tissée bien décorée et souvent réservée à de telles occasions .Il est entouré par les chefs de familles et aussi par les vielles grands-mères.La plus âgée ayant l’honneur de distribuer les verres de thé et le prestige d’ouvrir les sacs du voyageur et de distribuer les cadeaux apportés:poignées de pois chiche et bonbons pour tous les enfants,même les absents auront leur part du festin . Plus que tout le reste ,les bonbons habillées de beaux papiers colorés et luisants étaient notre cible nous les garçons: après avoir avalé le contenu, on pliait soigneusement ces papiers ,on les comptait et on les mettait fièrement dans nos poches :voilà maintenant nous sommes des hommes et riches !! C’étaient des souvenirs merveilleux malgré la condition de vie très modeste et difficile à gérer pour la plupart du temps .Il régnait sur cette ambiance de fraternité , d’amour, de générosité et surtout honnêteté . Malheureusement ne dura pas longtemps cette époque à cause de la sécheresse qui a duré plusieurs années successives,le débit de l’eau du puits s’est affaiblie, la foule devenait de plus en plus grande tout au tour et l’approvisionnement en eau de plus en plus difficile. Oliviers et figuiers moururent les uns après les autres,seuls ont survécu les quelques palmiers dattiers plus adaptés à la sécheresse . Ainsi, les chefs de familles se trouvèrent dans l’obligation de quitter Bir El karma et la capitale parut la meilleure destination . En petits groupes ils atteignirent Tunis, perdus entre les cités et les rues,sans revenus fixes pour la plupart du temps. Ce départ des chefs de familles a provoqué des ruptures dans le tissu de cette vaste famille menant peu à peu à l’oubli de Bir El Karma qui nous rassemblait .Hélas .
*Bir El Karma:Puits entouré de quelques figuiers et oliviers d’où la nomination du petit village à Ghomrassen .( Karma = figuier)

*Souika : poudre de blé cuit mélangée à plusieurs ingrédients alimentaires.

*Kadid :viande salée et séchée 

Automne 1958

La ve l’aube pour prendre le taxi vers Tunis ou j’habiterai chez mon oncle Abderrahmen pour terminer mes études . A l’aube nous entendîmes le bruit du moteur de l’autille du voyage Collé à ma mère toute la nuit, plus longue que d’habitude,j’attendaisomobile : il faut y aller … Maman …Pitié ! Accroché à ma mère qui se tenait à quelques mètres du taxi, enroulée timidement dans sa melya* je ne voulais à aucun pris me  séparer d’elle… Ma chère maman… Me voyant ainsi , elle me chuchota :”vas-y ! Tu es un homme ,les hommes ne pleurent pas !” et me poussa discrètement vers la voiture .J’avais alors six ans . La veille , mon repas était spécial et surtout un peu bizarre: c’était un plat de mechoui* contenant des morceaux de foie de chameau et des morceaux de cœur de loup ! Oui ! C’était -disait-elle- pour que je sois plus fort -comme le chameau – et plus intelligent – comme le loup !

Je me suis endormi tout le long du voyage.Lorsque j’ai ouvert les yeux ,j’étais dans un nouveau monde totalement différent .On dirait que j’ai été parachuté dans un monde de rêve : Verdure et fleurs en mille couleurs !

Ce nouveau monde est Sidi Rezigue qui est un petit village de la banlieue sud de Tunis… ! Ce n’était plus le triste désert de Bir El Karma ! J’étais tellement envahi par ce merveilleux paysage .Marchant sur un parterre si propre et encadré de petites plantes à fleurs bien taillées , j’ai cru en premier devoir enlever mes souliers pour ne pas le salir comme je devais faire en marchant sur notre tapis à Bir El Karma . Je ne me rappelle plus les détails du reste de la journée … Je ne connaissais de ma nouvelle famille que ma grand-mère . J’ai eu l’occasion de venir me soigner à l’age de quatre ans d’une grave conjonctivite qui a failli me faire perdre la vue.Heureusement mon père n’a pas tardé à m’emmener me soigner à Tunis et j’ai du séjourner quelques mois chez Sidi Salem ,l’oncle de mon père qui habitait prés de la cité Bab Eljedid. Le lendemain matin, je me suis trouvé dans la cour de l’école . Une nouvelle étape de ma vie commença

*Melya : habit traditionnel porté par les femmes rurales . *Mechoui viande grillé

Première journée à l’école

C’était le rang de la première année primaire ,j’étais devant la classe parmi mes camarades propres et bien habillés, ils étaient sûrement issus de familles aisées, ils me regardaient avec un certain mépris , ils se demandaient :” Qui est celui-là , avec cette attitude en boule et ce teint bronzé par le soleil ?” Entrés en classe je me suis assis à l’avant dernière table.Mon camarade assis prés de moi n’a pas cessé de m’embêter en me tirant tantôt par la manche et tantôt en introduisant sa main dans ma poche …j’ai du le repousser plusieurs fois sans que le Maître ne s’en aperçoive … Le Maître – si Mannoubi* – très élégant dans son costume noir et sa chemise blanche garnie d’une belle cravate en couleurs ,circulait entre les rangs enregistrant les noms des élèves . Arrivé prés de moi ,il me demanda mon nom.Mais malheureusement je n’ai pas pu le prononcer …Les lettres accrochées à ma gorge , je n’ai pu les sortir. Perturbé par les rires et les moqueries de mes camarades , j’ai presque perdu ma voix. Je me rappelai alors ma mère : elle m’a fait avaler sept langues d’agneau pour me faciliter cette tache … en vain . Je l’ai rencontré plus tard dans un club culturel à Ezzahra .Je lui ai présenté mes sincères respects .J’étais très heureux en le trouvant encore en bonne santé

La prière de l’Aid

J’avais dix ans quand mon père me demanda un jour de l’accompagner à la fameuse mosquée de Zitouna pour faire la prière de Aid El Fetr *. C’était pour moi une grande joie :”mon père me considère comme son ami , je suis un grand garçon maintenant .” Ma mère en a fait de l’effort pour que nous soyons tous les deux beaux et élégants . De bonne heure , nous traversions les rues de la vielle Médina de Tunis à peine éclairée,mon père dans sa djebba* bien repassée et sa chéchia*rouge carmin et moi dans mon nouveau costume européen.Il faut se dépêcher pour être à l’heure de la prière .Je faisais les grands pas pour synchroniser celles de mon père ,mon ami quoi . Je sens encore les bonnes odeurs des herbes séchées de souk El’Attarine . L’esplanade de la mosquée de Zitouna était toute ornée de merveilleux lustres à éblouir en les regardant de prés , je n’en avais jamais vu à Bir El Karma. Aux premiers pas de l’escalier ,mon père me demanda d’enlever mes chaussures et me montra avec beaucoup de soins comment les porter à la main gauche à l’envers l’une de l’autre.” Il faut entrer par le pied droit me demanda-t-il .” Peu après la fin de la prière ,se déclencha la belle voix du cheikh* Ali El Barrak citant du courant. Me voyant mal à l’aise ,mon père m’aida à croiser les jambes et un léger sommeil me prit .Je me suis réveillé après quelques instants sur le bruit du cortège de l’Imam* entouré de cheikhs vêtu en habits tunisiens traditionnels avec des imamas* brodées de belles couleurs tombant sur leurs épaules . L’imam nous salua puis se dirigea vers l’estrade en s’appuyant sur sa canne laquelle on prétendait qu’ elle appartenait à Ibn Arafa* qui était lui même

l’Imam jadis. Lorsque l’Imam atteint le Mihrab* un silence absolu régna et nous nous alignâmes en plusieurs rangées pour faire la prière de l’Aid . Le long du chemin du retour ,mon père n’a pas cessé de me parler de cet Imam Ibn Arafa …j’ai compris par la suite qu’il m’orientai vers son chemin . Mon père chéri : Me voici , après plus d’une cinquantaine d’année , assis à la même place dans cette superbe mosquée ,c’est comme si c’était maintenant ,assis près de toi après tes deux prosternations … Je sens que tu es avec moi et une grande joie et une infinie sérénité m’envahissent … En toi ,j’ai trouvé le bon musulman ,honnête,travailleur ,généreux et qui espère le bien pour tout le monde … Dors en paix mon cher papa .

*Aid el Fetr : la fête qui suit le dernier jour du Ramadan

* Djebba : Robe traditionnelle pour les hommes

*Chéchia : Calotte traditionnelle pour les hommes.

*cheikh :homme de religion

*Imam : le cheikh qui dirige la prière.

*Imama : écharpe traditionnel pour les hommes.

*Ibn Arafa : Mohammed ben Mohammed ben Arafa al-Werghemmi, né en 1316 à Tunis et mort en 1401 à Tunis, le plus illustre représentant de l’islam malikite à l’époque hafside.

La balle perdue

J’ai choisi la section lettres et je suis passé du lycée Sadiki vers le lycée Ibn charaf . Ayant eu mon baccalauréat en lettres, je me suis tout de suite inscrit à la faculté des lettres à Tunis là ou j’ai eu ma licence en langue arabe en 1976. Maintenant ,il faut faire son devoir envers la patrie.alors avec quelques amis et collèges ,j’ ai rejoint le service militaire .Quatre mois après ,j’ai eu mon grade de Lieutenant . Durant ces quatre mois de stage ,nous nous sommes entraînes sur différents types d’armes et en théorie on nous ont appris beaucoup sur les techniques de commandement en militaire . Un jour ,au cours de L’entraînement  au pistolet , j’étais au premier rang quand mon co-équipier qui était juste à coté de moi à mal orienté son arme et a tiré par erreur dans mon sens . Heureusement la balle a seulement effleuré mon soulier .Je l’ai vraiment échappé belle ! Début 1977, j’ai eu la belle étoile de Lieutenant à l’épaule et j’ai été orienté vers la base militaire de Bizerte ou j’ai passé une période pleine d’expériences sur différents comportements et conduites humaines sous ce vaste toit

Mon premier amour

Mon premier amour Ce fut la bibliothèque publique à la rue de Yougoslavie appelé ensuite Rue de Radhia Haddad à laquelle m’a accompagné un cousin à mon père : si Habib , un homme de littérature et qui était ami avec le grand écrivain Mikhael Nouaima . Je lui dois beaucoup car il m’a beaucoup encouragé à m’attacher à la littérature . Je n’oublierai jamais ce sentiment d’euphorie je j’ai vécu en voyant ce grand nombre de livres bien organisés et ces lecteurs qui étaient concentrés chacun sur son livre jusqu’à l’absorption …  L’île du trésor fut ce jour- là ma première et historique conquête … Un demi siècle après, je reviens de temps en temps visiter ces lieux là ou je rencontre souvent l’un de mes propres ouvrages et ce même sentiment me reviens sans tarder …. La deuxième bibliothèque qui m’a couvé pendant plusieurs années était celle de Souk El-Attarine lorsque j’étais au collège de la Sadiki , et là commença mon voyage dans le monde des grands écrivains Georgy Zaydan ,Najib Mahfoudh ,Mahmoud Elakad etc … A peine eu mes quinze ans ,j’ai déjà lu et relu” Assoud ” le fameux ouvrage du grand Mahmoud El Messadi

 A cette époque, il y avait un bon nombre de bibliothèques aux alentours de la mosquée de la Zitouna.De nos jours ,il n’en reste pratiquement plus et les locaux ont été transformés en petits restaurants de fast-foods et en boutiques d’habillage en Prêt-à-porter et cela n’est qu’un indice parmi plusieurs qui témoigne de la régression du domaine de la culture pendant ces dernières décennies. Mon deuxième amour : Le café Al Andalous Antique en genre tunisois dans ses chaises en bois forgé et ses tables en marbre tout comme son propriétaire dans sa djebba et son ancienne montre de poche accrochée à sa farmla * par une belle chaîne dorée

En 1984 fut ma première visite à l’Irak. Le café Omm-Kalthoum que j’ai visité avec mon ami poète Ibrahim Zayden se trouvait prés de l’avenue Almoutanabbi .C’était un café traditionnel par excellence ,du par-terre jusqu’aux lustres. Au coin ,un grand tourne-disques chantonnait du matin à minuit les sublimes chansons d’Om-Kalthoum des années 1970

 Sardines et chocolat

 C’était le 05 ou le 06 juin 1967 quand nous étions en classe avec notre professeur sidi  Béchir Laaribi au collège Sadiki quand un groupe de manifestants s’est introduit dans la classe criant : Palestine …Palestine … en nous demandant d’abandonner le cours et de les intégrer pour soutenir la Palestine .. Rassemblés avec les élèves des autres collèges nous avons atteint la place Port de France ( Bab El Baher) insistant de toutes nos convictions les citoyens à s’unir avec nous .Les étudiants de la faculté des lettres étaient les leaders de cette manifestation . A la place de France se tenaient quelques ambassades européennes et le centre culturel américain . Brûlures et cassures ont été notre beau boulot . Finalement , l’intervention de quelques agents de la garde nationale a mis fin à notre mouvement . Deux ou trois jours après, j’étais dans la foule saluant en adieu des équipes de militaires tunisiens leur offrant des boites de sardines , du chocolat et même du fromage . Ils étaient en route vers la Palestine . Nous avions la certitude qu’ils allaient libérer la Palestine ! Mais à peine ont-il atteint les frontières que la défaite totale était déclarée 
Dans cette atmosphère de défaite de 1967 et des mouvements de protestation contre la guerre de Vietnam et contre l’apartheid en Afrique du Sud, et avec l’apparition de nouveaux mouvements de libération dans le monde ,ma déception en tous ces régimes totalitaires dans les pays arabes me poussa vers le monde des poètes là ou j’ai été parmi les éléments rénovateurs du groupe 
Poètes du vent créatif .
Quelques années plus tard ,Bourguiba a été éloigné du pouvoir et remplacé par Ben Ali par coup d’état militaire .
A cette époque j’ai réussi à avoir le poste de secrétaire général de l’union des écrivains tunisiens par proposition de l’écrivain Mohamed Laroussi Elmetoui.
La période que j’ai passé au sein des comités de l’union des écrivains m’a trop appris sur les personnalités effectives et réelles de plusieurs auteurs qui se disaient instruits et de principe mais cela n’était que du noir sur blanc.
L’opportunisme et la complaisance étaient à la base de tout succès dans le domaine du livre et de l’ascension en grades culturels malheureusement

Fleur de la liberté

  C’était le printemps.Je me promenais à Evry ,une des provinces de Paris. J’étais étonné par la propreté ,et l’ordre jamais vus . Les fleurs bien présentées qui enjolivaient les boulevards ,les marches ,les ruelles et les fenêtres . Tout prés de moi se tenait un silo rectangulaire en modèle Maghrébins qui parait nouvellement construit .J’ai traversé la rue et c’était très facile de l’atteindre en toute sécurité et respect du passager . Ici ,dans ce pays ,règne le respect de l’autre ,de ses droits personnels , la liberté de conscience et le respect de la loi . Je suis passé par des cathédrales auprès desquelles se tenait un grand sanctuaire de Bouddha et des affiches de tout genre Celle qui a le plus attiré mon attention concernait le maire de cette province invitant les citoyens à lui consulter à volonté chaque vendredi de dix-sept heures à dix -huit heures et demi Sur l’affiche était écrit aussi son numéro de téléphone personnel ! Nous sommes encore très loin de cette mentalité ,malheureusement

Le couscous

A peine J’ai fait les premiers pas sur le gazon vert au bord du petit lac du jardin public, qu’il me disait  dans un air impératif mais d’une douce reproche : Non ! Il ne faut pas

marcher sur les herbes vivants ! on risque de tuer les fleurs !
Et il m’indiqua le passage qu’il faut emprunter .
C’était mon petit fils qui n’avait alors que presque cinq ans.
Son père s’en ai pris à lui mais pour moi c’était une satisfaction vis à vis de cette éducation correcte dés son jeune 
âge.
Les jardins d’enfants et les garderies est un corps éducatif qui prend dans les pays civilisés la responsabilité d’apprendre aux petits les A B C de la bonne conduite et du savoir vivre pour devenir un bon citoyen digne et à la hauteur d’honorer son pays ce qui est très différent de ce qui existe chez nous ou’ ces locaux ne sont pour la plus part du temps que des camps de concentrations là ou’ sont déposés les petits que les parents ne peuvent pas prendre en charge tout le temps .. Ainsi , ils sont  plutôt des boites commerciales qu’autre chose ..Le couscous ,ce fameux plat tunisien était présent au restaurant Strasbourg  en 1991.J’en ai profité de sa belle présence ,j’étais alors avec un groupe d’écrivains tunisiens invités par l’association *Entre les deux rives*et c’était une surprise pour moi de trouver sur l’affiche du menu le plat de Couscous au fruits de mer . Il était d’une saveur inoubliable .
.

.
A mon petit fils Wael

Je t’écris ces quelques mots espérant q’un jour tu auras l’occasion de les lire attentivement .
Tu as à peine tes cinq ans alors que je dépasse de trois ans la soixantaine et malgré ce grand écart d’âge ,j’éprouve un énorme plaisir de t’écrire ,de t’entendre parler sans peine dans la langue de Baudelaire et l’accent d’Aznavour .

J’espère te voir un jour aussi compétent dans la langue de Elmoutanabbi et Taha Houssein et encore plus dans d’autres champs linguistiques de cet univers pour établir paix , tolérance et autres valeurs humaines …
Mon enfance était très différente de la tienne, j’avais beaucoup de mal à prononcer quelques lettres ce qui m’a poussé à garder souvent le silence.
Je suie fier de te voir heureux avec tes copains dans ton jardin d’enfants prés de chez toi .
A cet

âge , à la campagne de Ghomrassen au sud de la tunisie, je jouais avec mes cousins à me fabriquer des jouets en argile .Les palmes étaient nos chevaux sur lesquels nous traversions nos vastes déserts et oueds .

Quant à ta mère ,je l’ai rencontrée la première fois un certain Samedi 8 février 2008 lors d’un vermissage de mon ami peintre Othmen El Babba qui s’est inspiré de mes poèmes pour peindre ses tableaux .
Ce jour là a coïncidé avec les résultats des examens de la faculté où étudiaient ta mère et ton père Oui ,ils étaient dans la même classe et ils ont eu leurs résultats de succès à la même minute .

Ce jour-là Dieu m’a donné une superbe belle et intelligente fille : ta maman ! 

Maintenant ,je vais te parler de ton premier jour au jardin d’enfants:
tu potais fièrement ton petit sac à dos .Actif ,tu me dépassais en courant comme faisait ton père à ton âge lorsque je l’ai accompagné à son jardin d’enfants à Rades dans ce vaste boulevard orné de belles arbustes et fleurs qui embaument de mille parfums .

Mon cher et unique fils …Je lui racontais des petites histoires le long du chemin .
Tu es tout simplement sa copie avec en plus la grande ambition de ta maman .
Je suis très heureux de toi mon cher Wael.

Courcouronnes 

Dans la langue latine des anciens

Le village à l’orée de la forêt‘ Ou l’entourant

/ Demeure /Courcouronnes ,La france / Kerkouane

La Tunisie / Kirkouk

,L’Irak /Peuples , nations ,pays et continents .

Civilisations en civilisations / Langues et autres ‘langues

 Les villes se ressemblent ./ 

Les arbres s entrelacent

Malgré la chaleur de cet été

Elles éclatent de pure verdure

En sombre verdure

Ici, la lavande rieuse embaume l air .

Là , les coquelicots explosent leurs couleurs

Et là , fleurissent celles qui

rappelant les Francs

ressemblent aux violettes 

Et je passe

De la rue Mozart à l angle Lamartine .

Je traverse tour à tour des airs symphoniques et poétiques .

Vers l’arène ont fleuri les jardins suspendus .

J’ai marché d un pas léger

Sur l’herbe mouillée de rosée

Et je m’en excuse .

Soleil , nuages et pluies .

Effusion de perles sur le trottoir ..

A l’arrêt du bus , je presse le pas .

Sur une jolie colonne verte ,tout à côté ,

je lus l’heure de la prochaine arrivée .

Ainsi que celle d’après .

En minutes et secondes .

Là , le temps en or .

Navré , de perles .

J’attends .

Telle une musique , la cloche sonne huit heures et demie .

Les écoliers sont en rangs .

Ils ouvrent les livres .

La maîtresse dit :

Lis”

Le bus se dandinant est arrivé

Puis, tristement , s’en est allé .

Les passagers montèrent tranquillement

J’ai validé mon ticket

Tic Tic

Je m’assieds

Bizarre !

Pas de bousculade , pas de cris ni de piétinements .

La vitre est propre et transparente .

Les mouettes se dispersent

Et autour du lac , tournoient .